Parlerez-vous d’éthique, madame Anglade ?

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Le PLQ est-il devenu le Parti égalité ?


Au lieu de faire comme s’il n’y avait pas un éléphant de trois tonnes assis au beau milieu de la pièce, Alexandre Cusson a démarré sa campagne pour la course au leadership du PLQ en prenant le taureau par les cornes et en parlant d’éthique. 


Enfin ! 


Il est temps qu’on se réveille, au Parti libéral, et qu’on se rende compte à quel point la population est dégoûtée par tout ce qu’on apprend depuis six ans sur le financement du PLQ sous Jean Charest. 


BALAYER SOUS LE TAPIS 


Comparée au déni dont fait preuve le camp Anglade, la sortie d’Alexandre Cusson (et de Marwah Rizqy, qui semble faire campagne par procuration tellement elle est présente) fait du bien. 


Vous avez vu l’entrevue que Dominique­­­ Anglade a accordée à Mario Dumont à LCN lorsqu’elle a annoncé qu’elle se portait officiellement candidate au poste de chef du PLQ ? 


C’était déplorable. Surtout venant d’une ex-caquiste qui avait fait de l’éthique l’un de ses principaux chevaux de bataille lors de la campagne de 2012 ! 


On avait l’impression que pour elle, le dossier extrêmement chargé des méthodes de financement du parti sous l’ère Charest est un détail.   


Qu’on tire la plogue sur l’enquête Mâchurer et qu’on tourne la page ! Le temps est venu de passer à autre chose ! 


Euh... Non. 


Madame Anglade veut peut-être balayer tout ça sous le tapis, mais ce n’est pas le cas de la majorité des Québécois. 


Nous voulons des réponses à nos questions. Jean Charest était-il au courant, oui ou non, des agissements de son ami Marc Bibeau ? 


Nous avons le droit de savoir. 


ÇA SENT MAUVAIS 


 « Si l’éthique n’était pas un enjeu, on n’aurait pas vu notre base de militants s’effriter de façon si importante en quelques années », de dire Marwah Rizqy. 


« Il y a cette idée constante qu’il y a une odeur de corruption qui flotte sur la politique au Québec », de renchérir Alexandre Cusson. 


Disons que ça sent plus fort dans les parages du PLQ qu’ailleurs. 








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Et que la question – importante, il est vrai – de l’éthique n’est pas la seule raison pour laquelle autant de militants ont quitté le parti en si peu de temps. 


Les francophones ont l’impression que le PLQ les a carrément laissés tomber, pour devenir un gros Parti Égalité, tourné essentiellement vers les anglophones et les allophones. 


De peur de se mettre ces deux clientèles à dos, le PLQ a abandonné la « patate chaude identitaire » (la langue, la laïcité) à la CAQ et au PQ, qui se sont jetés sur ces choux gras comme la misère sur le pauvre monde. 


Le diagnostic du camp Cusson pèche par omission, certes. Certains de ses rétroviseurs sont sales et le candidat a évité de regarder certains angles morts lorsqu’il a décidé d’emprunter la voie de « l’honnêteté ». 


Mais au moins, on parle d’éthique. 


Ce que Dominique Anglade (qui se présentait pourtant comme la championne de la lutte à la corruption dans une autre vie) refuse visiblement de faire.    


Le PLQ n’est pas sorti du bois. 


Mais au moins, il a décidé de se munir d’une boussole et de faire des pas dans la bonne direction. 


C’est déjà ça...


Édito de Richard Martineau