SCANDALE

Morneau doit partir

Bill Morneau est un récidiviste

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Le PLC est fragilisé par le scandale WE Charity


Bill Morneau doit démissionner.


Il est décidément trop distrait. Le ministre des Finances du gouvernement Trudeau ne s’est pas rendu compte qu’en 2017, il avait voyagé sur le bras de WE Charity, organisme à qui son gouvernement a octroyé ce printemps, sans appel d’offres, l’administration d’un programme gouvernemental de plus de 900 millions de $. Organisme pour lequel sa fille travaille et auquel sa famille a donné 100 000 $ sur deux ans.


Le contrat de gestion des bourses aurait pu être très payant pour WE Charity, selon ce qu’on a appris : 43,5 millions $, s’il y avait eu une deuxième phase.


« Je ne crois pas que j’étais en conflit d’intérêts », a-t-il déclaré hier, même s’il a admis que les apparences étaient contre lui.


Récidiviste


Voyager sur le bras, même si on est multimillionnaire comme M. Morneau, c’est un cadeau ; or, tout élu fédéral – a fortiori les ministres ! – doit déclarer les cadeaux de plus de 200 $.


M. Morneau soutient qu’il a remboursé les voyages et s’est excusé pour « l’erreur », notamment de ne pas s’être récusé au moment de l’octroi du contrat. Mais il a expédié son remboursement hier à WE Charity, juste avant de témoigner devant le comité ! Trois ans après les déplacements au Kenya et en Équateur.


Il n’en est pas à sa première distraction. En 2017, il n’avait toujours pas placé des dizaines de millions de dollars d’actifs dans une fiducie sans droit de regard. Sous pression, il a fini par les vendre.


De plus, toujours en 2017, il avait omis de déclarer sa luxueuse villa en France, dont il est propriétaire par le truchement d’une de ses compagnies. Le commissaire à l’éthique l’avait blâmé.


Une histoire libérale


La distraction de gens fortunés est endémique dans ce gouvernement. Justin Trudeau a lui aussi tenu à s’excuser de ne pas avoir été assez attentif pour se retirer des discussions autour du contrat à WE Charity.


Or sa mère, Margaret Sinclair, son frère Alexandre et son épouse, Sophie Grégoire, ont profité des largesses de WE Charity.


Syndrome de l’Aga Khan


Ce scandale a un je-ne-sais-quoi de typiquement « libéral fédéral » : mélange de bien-pensance dégoulinante et de puissance politico-économique.


Philanthropie ostentatoire d’une « aristocratie » canadienne tricotée serrée. Mais surtout, tellement habituée de nager dans l’argent, tellement persuadée de posséder le monopole du cœur, qu’elle se croit au-dessus des règles de la bonne gestion.


Appelons ça le syndrome de l’Aga Khan, du nom de ces vacances des Trudeau chez un ami ultrafortuné dont la fondation recevait des deniers de l’État.


Quand on est trop distrait, on peut s’attirer des amitiés douteuses. La structure de WE Charity est étrange. Elle a un bras immobilier commercial valant plus de 40 millions $ qui, par ailleurs, profite de la fondation. Pourquoi l’OBNL est-il dans le rouge de 10 millions ?


Des enquêtes s’imposent. La commissaire au lobbyisme doit accepter de se pencher sur l’accès que les frères Kielburger ont aux ministres du gouvernement sans être inscrits au registre. L’Agence du revenu du Canada devrait suspendre le statut d’organisme de charité de WE Charity pendant l’enquête qu’elle doit faire sur cet organisme.




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