Les «bons» autochtones

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« Les 20 conseils de bande qui sont directement concernés par le projet de gazoduc de TransCanada sont pour le projet ! »


C’est une question de Quelques arpents de piège : « Qui est le chef de l’État canadien ? » 


La plupart des gens répondent : « Justin Trudeau » ou « le premier ministre ». 


Or, ce n’est pas la bonne réponse. 


Le chef de l’État canadien est la Reine Elizabeth II.  


Une monarque non élue. 


LE DROIT DU SANG 


La chef de l’État canadien est la Reine, mais les décisions prises au jour le jour pour gérer le Canada le sont par le Parlement, qui est constitué de représentants du peuple démocratiquement élus. 


Je grossis le trait, bien sûr, mais c’est un peu ce qui se passe chez la nation wet’suwet’en en Colombie-Britannique. 





Il y a deux niveaux de gouvernance : le conseil de bande, une création du gouvernement fédéral, certes, mais qui est démocratiquement élu et qui gère les affaires au jour le jour.  


Et les chefs héréditaires — qui, comme la Reine Elizabeth, règnent par le droit du sang.  


Le conseil de bande est pour le projet de gazoduc de TransCanada. Mais les chefs héréditaires sont contre. 


Or, comme le disait Maureen Luggi, chef élue du conseil de bande wet’suwet’en, au Devoir jeudi dernier, actuellement, le gouvernement fédéral ne négocie qu’avec les chefs héréditaires. 


Le conseil de bande n’a pas été invité à participer aux discussions ! Pourtant, ce sont les membres du conseil de bande qui gèrent au quotidien les problèmes de la communauté.  


« Je suis déçue et découragée que nous ayons été exclus et que nous n’ayons pas été invités, même en tant que leaders de notre communauté. Cela me dépasse, je ne comprends pas », a dit madame Luggi à la journaliste Hélène Buzzetti.  


ÉCARTÉS DES NÉGOS 


C’est comme si pour le gouvernement fédéral, seuls les chefs héréditaires (qui sont contre le gazoduc) méritent d’être écoutés. 


Les membres du conseil de bande (qui sont tout aussi sinon plus représentatifs de la nation wet’suwet’en que les chefs héréditaires, car démocratiquement élus) ne méritent pas qu’on les entende ! 


Pourquoi ? Parce qu’ils sont pour le gazoduc ? 








Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.





Et qu’étant pour ce grand projet industriel qui leur rapportera beaucoup d’argent, ils ne correspondent pas à l’idée que se fait Justin Trudeau des « bons autochtones écolos près de la nature » ? 


On ne connaît pas encore les détails de l’entente de principe que le gouvernement fédéral a conclue avec les chefs héréditaires de la nation wet’suwet’en. Mais disons que ça augure mal. 


Car seuls ceux qui sont contre le projet de gazoduc ont été invités à la table des négociations. Comme s’ils représentaient tous les membres de cette nation autochtone, comme si tous les Wet’suwet’en étaient contre !  


Or, ils sont en majorité pour ! 


DRÔLE DE DÉMOCRATIE 


J’ai toujours pensé qu’en démocratie, c’étaient les représentants du peuple qui parlaient pour le peuple.  


Comme le soulignait le National Post hier, les 20 conseils de bande qui sont directement concernés par le projet de gazoduc de TransCanada sont pour le projet ! 


Ils sont tous pour ! 


De dire Dale Swampy, président de la Coalition nationale des chefs : « Selon nos estimations, 400 chefs autochtones canadiens veulent travailler en partenariat avec l’industrie de ressources énergétiques. » 


Or, pour le gouvernement fédéral, c’est comme si ces chefs n’existaient pas ! 


Seuls ceux qui sont contre semblent consultés par Justin Trudeau. 


Drôle de conception de la démocratie...