Histoire nationale

La Compagnie de la Nouvelle France

La Nouvelle France à l'honneur à la télévision française hier,18 mai

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Chronique de Marie-Hélène Morot-Sir

      


La Nouvelle France progressait fort peu malgré les efforts de Champlain.


La compagnie de Rouen sous les auspices du prince de Condé,  alors Vice-Roi de la Nouvelle France de 1612 à 1620, puis  la compagnie de Montmorency fondée en 1621 du nom du Vice-Roi suivant, le duc de Montmorency, qui avait succédé au prince de Condé, s’étaient fort peu occupées de la toute jeune colonie.


Le Roi Louis XIII avait alors confié à une nouvelle compagnie privée,  la “ Compagnie de la Nouvelle France ” appelée aussi  des “ Cent Associés ” créée par Richelieu le 29 avril 1627, le développement, la découverte et l’exploitation de la Nouvelle France.  Ce fut la première véritable tentative de peuplement et de colonisation de l’Amérique du Nord par la France.


 


Cette Compagnie des Cent Associés regroupait en effet, comme son nom l’indique précisément, une centaine d’associés,  des commerçants, des nobles, des membres du clergé, y compris Samuel de Champlain et Richelieu, qui s’engagèrent par un contrat très précis, à fournir l’argent nécessaire  afin de peupler la colonie, en faisant venir sur une durée de quinze ans  quatre mille colons, tous  Français et catholiques, les Huguenots ne sont alors  ni  exclus ni rejetés,   l’important étant que tous les colons soient avant tout Français. Cette Compagnie doit découvrir, exploiter et développer tout l’immense territoire français de la Nouvelle France,  assurer la défense des habitants et du territoire, convertir les Amérindiens et financer des missions pour cela… En échange de toutes ces conditions,  la Compagnie devient propriétaire de toute la Nouvelle France  et reçoit le monopole énorme du commerce de la traite des fourrures de castor.


 Les Cent Associés doivent apporter chacun 3000 livres et devront également donner la même somme chaque année, mais tous espèrent se rembourser au centuple sur les bénéfices des fourrures.  La nouvelle Compagnie va tenir  aussitôt ses promesses en affrétant, dès le printemps 1629, trois navires, avec déjà quatre cents premiers colons Français recrutés dans la foulée, tous décidés à aller fonder ce nouveau pays de l’autre côté des mers…


 


Pourtant rien ne va se passer facilement !


 


Un traité de paix,  le traité de Suze  en date du 24 avril 1629 avait été signé entre les deux couronnes, Anglaise et Française, mettant fin momentanément aux guerres entre ces deux pays,  mais pourtant cela n’empêcha pas la prise de Québec en juillet 1629 par les frères Kirk/Kirke, des pirates à la solde de l’Angleterre, soit deux bons mois après que le fameux traité de paix ait été entériné ! Cette prise de Québec était donc totalement illégale, puisqu’elle s’était effectuée en temps de paix !


Cependant les nouvelles mettant alors plusieurs mois, avant d’arriver jusqu’en Nouvelle France, personne n’était encore au courant, et encore moins Samuel de Champlain, contraint  de subir le siège de Québec puis sa reddition et enfin d’abandonner la petite colonie aux mains des frères Kirk.


Samuel de Champlain avait alors attendu en vain les secours qui arrivaient toujours de France à cette période de l’année, pourtant les vaisseaux de la Compagnie des Cent Associés avaient bien amené des vivres et quatre cents nouveaux colons, ils étaient bien arrivés jusqu’au golfe du Saint Laurent mais ils avaient été interceptés et arraisonnés par les frères Kirk,  et avaient été tous  emmenés prisonniers à Londres. Aussitôt débarqué en Angleterre, Samuel de Champlain découvre avec étonnement,  que la prise de Québec  a eu lieu en effet deux mois après la signature de ce traité de paix de Suze.


Cette prise était donc parfaitement illégale ! Il est d’ailleurs immédiatement relâché ainsi que tous les autres prisonniers français, il se rend aussitôt en France et  sans plus tarder demande au roi de faire tout le nécessaire, pour que la Nouvelle France soit rapidement rendue à la France, et il presse Richelieu d’obliger l’Angleterre à rendre la colonie. Mais malgré les efforts de ce dernier, le roi Charles Ier d’Angleterre fait durer les négociations, prenant ce prétexte pour obliger Louis XIII à lui verser la dot de son épouse, Henriette de France, sœur de Louis XIII, que la France ne lui avait toujours pas payée.   Il attendra pour passer à l’acte,  en traînant les pieds !


Cela durera trois longues années, il faudra un nouveau traité, celui de Saint Germain en Laye, signé le 29 mars 1632 pour redonner définitivement la colonie de la Nouvelle France au Roi de France, comprenant aussi l’Acadie et l’île Royale.


 


Au printemps 1632 Samuel de Champlain et tous les Français qui en avaient été provisoirement éloignés, reviennent enfin à Québec où tout est à reconstruire  les Anglais, furieux d’être obligés de s’en aller, avaient tout brûlé et saccagé. Le poste de Québec laissé aux frères Kirk était néanmoins des plus simples,  quelques rares maisons, deux ou trois cabanes et c’était encore plus réduit sur l’île de Montréal, et peut-être même n’y avait-il qu’une seule cabane servant de poste de traite à Tadoussac, ou en quelques autres endroits du fleuve Saint Laurent, pour la commodité de la pêche et de la traite.


Il faut rajouter à ces habitations succinctes un commencement d’installation à Trois Rivières, ainsi que ce qui restait des ruines de Port Royal. ! Voilà ce en quoi consistait à ce moment précis, du retour de Samuel de Champlain, la Nouvelle  France, où le peu qu’il y avait, était à refaire,  et tout le reste à faire !


Samuel de Champlain, au cours des travaux de réfection de Québec,  fera construire une petite chapelle qu’il appellera Notre Dame de Recouvrance, aux frais de la Compagnie des Cent Associés, en remerciement  d’avoir retrouvé la Nouvelle France.


Lorsque les Wendat-Hurons  sont avertis du retour des Français à l’approche de l’été, cent cinquante d’entre eux, avec des canots chargés de fourrures, remontent le Saint Laurent et viennent accoster devant Québec, pour souhaiter un bon retour à la France et à Samuel de Champlain :


«  La rivière n’était plus la rivière, le ciel n’était plus le ciel durant ton absence » lui dirent–ils. Ce qui montre l’attachement que les Français étaient arrivés à susciter en ces quelques années. Les Wendat n’ayant pas voulu traiter avec les Anglais, ne s’étaient pas montrés à Québec durant ces trois années, ils avaient accumulé précieusement toutes les fourrures de leurs chasses en attendant le retour des Français.


 


La facilité avec laquelle les Anglais restituèrent le pays s’explique peut-être parce qu’ils n’y avaient pas encore pris toutes leurs mesures pour s’y établir, en considérant aussi le grand éloignement avec l’Angleterre, seul comptait pour les pirates Kirk le commerce des fourrures.


Le traité de Saint Germain avait expressément  interdit que les Anglais, après avoir remis Québec, continuent à commercer avec les « Sauvages », mais malgré cette interdiction, ils persisteront encore quelques temps. Leur manière de se conduire avec eux, avait fait regretter à ces derniers les contacts qu’ils avaient créés auparavant avec les Français.


Par contre, les Anglais n’avaient absolument  pas pu approcher les Wendat-Hurons qui ne parurent pas une seule fois  à Québec, tant qu’ils y furent.


 


Au retour de Champlain en Nouvelle France,  la Compagnie des Cent Associés est  alors dans un état de finances désastreux. Elle avait en effet perdu ses vaisseaux  arraisonnés par les Kirk, et tout le financement qu’elle avait englouti dans ce premier voyage pour faire venir de nouveaux colons, sans même avoir pu encore commencer le commerce des fourrures pour obtenir quelques capitaux.  La Compagnie des Cent Associés n’arrivera pas à tenir ses promesses en matière de peuplement, elle n’assurera jamais non plus, ni la sécurité ni la défense des habitants. N’ayant plus aucun moyen financier, elle est contrainte de s’organiser d’une autre manière...  C’est pourquoi en 1645 elle cèdera une partie de ses  droits à la Compagnie des habitants,  composée d’un groupe de colons Français,  des  personnes riches,  car devant pouvoir  prendre en charge les dépenses administratives de la colonie et payer une rente de  mille livres par an, mais en plus de tout cela il leur fallait faire venir  au moins une vingtaine de colons de France, chaque année.


 


C’est à partir de ce moment que des  portions de terres plus ou moins grandes seront accordées à des personnes importantes, de la même façon que dans le régime seigneurial Français, afin qu’elles puissent elles-mêmes recruter des colons et les fassent venir à leurs frais en Nouvelle France, pour travailler sur leur propre domaine. Ces propriétés étaient  appelées seigneuries comme sous l’Ancien Régime et le propriétaire était appelé seigneur.  Le roi s’en était remis à la Compagnie des Cent Associés pour peupler la colonie, mais la Compagnie  s’en déchargera sur des particuliers  ce qui ne donnera pas totalement les résultats espérés… Au décès de Samuel de Champlain en 1635 la Nouvelle France compte moins de cinq cents habitants, y compris les coureurs des bois et les pères missionnaires au fond des bois. La Nouvelle France n’est donc toujours qu’un simple comptoir commercial, ce commerce est sans cesse empêché par les attaques Odinossonis (Iroquoises) et enfin la dernière et principale cause vient des marchands eux-mêmes, ils sont beaucoup plus pressés d’encaisser leurs profits que de peupler la Nouvelle France.


Le succès de la colonisation réside davantage dans la foi et l’abnégation de certains hommes, tel Robert Giffard  chirurgien dans la marine.


Il devint le premier seigneur colonisateur de la Nouvelle France, lorsque la Compagnie des Cent Associés lui concéda  un vaste territoire pour qu’il en assure le peuplement. Il donne le nom de  Beauport à sa seigneurie, puis il engage un maçon Jean Guyon et un charpentier Zacharie Cloutier pour trois ans  et leur donne à chacun mille arpents de terre.


De la même façon, il signe des contrats avec une dizaine de familles qui embarquent de Dieppe avec lui, en 1634.  Robert Giffard sera anobli en 1658 par le Roi  pour services rendus à la jeune colonie.


 


Le christianisme n’avait pas encore pris racine  parmi ces Premières nations et cette entreprise ne paraissait pas la plus aisée, mais Champlain  avec son caractère particulièrement judicieux, capable d’une grande réflexion, était aussi le plus actif et le plus laborieux  de tout ce qu’on avait pu voir alors sur ce continent.


Après le mauvais coup fait par les frères Kirk, ces « mal sentant de la foi », ces calvinistes, qui étaient même parvenus à  pervertir quelques Français, à passer de leur côté et à trahir les leurs, tous des protestants d’ailleurs,  -  entre autres Jacques Michel, qui leur  servit de pilote pour remonter le Saint Laurent -   il est alors décidé en haut lieu, que ne partiront désormais pour la Nouvelle France, que des colons catholiques, un point c’est tout … Quitte à baptiser à la Rochelle, un régiment complet avant son embarquement pour la Nouvelle France, comme on le verra plus tard pour le régiment de Carignan Salières, où  au printemps 1665 cela prit une semaine entière avant que tous aient reçus le baptême,  ce qui retarda  d’autant le départ des navires.


 


Vers 1660 la Compagnie  affiche néanmoins  des résultats probants, au moins 5000 immigrants sont arrivés, composés d’environ  3% de nobles, 8% de bourgeois, le restant de « petites gens »  artisans, menuisiers  etc. Mais ces nombreuses arrivées sont compensées par  deux tiers de retours au bout des trois ans, un grand nombre de décès dus à la maladie  ou aux attaques Odinossonis (iroquoises)… Tout compte fait en 1663, au moment où le roi dissoudra la Compagnie, la Nouvelle France compte à grand peine trois mille habitants,  ce qui paraît important sans doute, par rapport au petit nombre  de 1627 bien sûr, mais bien peu comparé avec les 90.000 anglo-saxons des colonies de Nouvelle Angleterre le long de l’Atlantique, à la même époque.


 


Devant une telle situation où la sécurité n’était vraiment pas assurée, où la vie quotidienne n’était remplie que d’insécurité, le nouveau gouverneur de la Nouvelle France, Dubois d’Avaugour n’avait pas mis longtemps à son arrivée, pour se rendre compte de l’état déplorable de la colonie. C’est pourquoi à la mort de Mazarin et à l’arrivée sur le trône du jeune roi Louis XIV  il enverra  dès octobre 1661, un jeune capitaine,   gouverneur intérimaire de Trois Rivières, Pierre Boucher, mettre le  nouveau Roi au courant dans les plus brefs délais, et plaider la cause de la Nouvelle France.  Il en reviendra en juillet 1662 avec quelques aides bienvenues, mais pas suffisantes ! C’est à dire  avec deux vaisseaux et une bonne centaine de soldats auxquels il rajoutera  cent hommes « de travail »  qu’il aura lui-même  recrutés ayant emprunté l’argent nécessaire pour payer leur passage. Mais surtout Pierre Boucher en revient avec la promesse royale, que la France va prendre au sérieux le grand besoin d’aide  des Français sur cette terre lointaine, et va s’occuper enfin de la colonie.  Monseigneur de Laval se décidera  à son tour à  traverser l’Atlantique, il ira lui aussi  en France plaider  la cause de la Nouvelle France devant la cour, cela renforcera la visite précédente de Pierre Boucher, et finira tout à fait à décider le roi à tenir les promesses qu’il avait faites au jeune capitaine de Trois Rivières, en envoyant des soutiens et des renforts. Néanmoins il faudra encore attendre jusqu’en 1665  pour voir arriver les premiers secours promis, et en particulier le régiment de Carignan Salières.


Le jeune Louis XIV, en arrivant au pouvoir,  constatant le peu de résultats de la Compagnie,  de la Nouvelle France décidera sa suppression, il reprendra toute sa souveraineté sur le pays,   il la dissoudra en 1663, à la place il s’engage dans  la création d’un Conseil Souverain sérieux, ce sera la première constitution de la Nouvelle France, sur le même modèle que ce qui existait alors en France,  afin que les destinées de ce jeune  pays soient enfin, prises en mains.


 


 Effectivement à partir de ce moment-là la population va commencer à progresser. Avec ce Conseil Souverain, la Nouvelle France va cesser d’être une colonie,  elle va être gérée exactement comme n’importe quelle région française, que ce soit la Bretagne ou la Lorraine. Le gouvernement de la Nouvelle France comprendra non seulement un gouverneur mais aussi pour la première fois un intendant,  et au Conseil Souverain  siègera avec eux, l’Evêque et des conseillers.  Le premier intendant  arrivé sur place,  en Nouvelle France sera Jean Talon. Ce sera un intendant particulièrement efficace, dès son arrivée il fera le recensement  des 3215 habitants, une population à majorité masculine très jeune. Cela  soulignera donc le manque de femmes pour bâtir la colonie et c’est ainsi que le roi décidera finalement  l’arrivée de toutes ces nombreuses jeunes femmes,  les Filles du Roi.  De même les candidats au départ seront davantage  motivés par des contrats de trois ans, ils partiront aux frais du Roi, auront un salaire assuré et au bout des trois ans s’ils ont envie de rentrer en France leur  retour sera  également pris en charge, et dans le cas contraire ils pourront rester  en Nouvelle France. Ceux qui partiront avec un tel contrat seront appelés de ce fait « les trente-six mois » !


Jean Talon  encouragera les habitants à ne plus tout attendre chaque printemps des vaisseaux du roi, mais au contraire à fabriquer sur place tout ce qu’ils pourront, ainsi ils donnera les moyens nécessaires  pour installer  la première tannerie ce qui permettra de fabriquer sur place des paires de « souliers » mais aussi des ceintures, des sangles pour les chevaux etc..  Contrairement à ce qui se passait auparavant avec les différentes compagnies de commerce successives privées puisqu’en effet,  les roi leur donnant des monopoles entiers de commerce, elles  devaient en contrepartie se charger d’amener à leurs frais les Français qui acceptaient de traverser les mers, et bien sûr, ramener en France ceux qui ne se plairaient pas, mais de ce fait elles exigeaient de ces Français qu’ ils fassent la traite des fourrures pour elles afin qu’à leur retour dans les eaux du saint Laurent au printemps suivant, ils leur amènent des stocks de fourrures  permettant à ces compagnies de couvrir leurs frais et mieux encore de s’enrichir ! Evidemment les bateaux de ces compagnies devaient dans ce cas apporter chaque printemps à tous ces premiers habitants de quoi se nourrir toute l’année  puisque travaillant à la traite au fond des bois ces Français devenus in fine pour la grande majorité « des coureurs des bois » n’avaient pas le temps de s’occuper de planter et de cultiver quoique ce soit ou même de pêcher et chasser pour leur survie. Il suffisait que les bateaux soient empêchés de venir un seul printemps pour que la population meure de faim.


Louis Hébert a été un cas flagrant de ces contrats que les compagnies faisaient signer à ces premiers candidats au départ. Louis ne désirant pas aller faire la traite des fourrures mais seulement défricher la terre et planter ses herbes aromatiques et ses légumes,  la compagnie de Rouen l’empêcha d’emporter la moindre charrue ou le moindre instrument araire qui aurait pu l’aider dans son projet, elle  lui coupa considérablement son salaire annuel  au moment du départ. Fort heureusement son enthousiasme était tel qu’il défricha à la main y compris les  arbres et les énormes souches d’arbres,  et aidé de Marie Rollet  et de son beau-frère Claude Rollet ils plantèrent un jardin exceptionnel qui permit de nourrir et de soigner la petite population de Québec ;


 


 


Le sceau de la Compagnie de la Nouvelle France :


Figure allégorique,   celle d’une femme debout sur les flots sur champ de fleurs de Lys une croix latine dans une main. «  Me donavit Ludovicus Decimus Tertius 1627 » Louis XIII m’a donné en 1627 


Le contre-sceau  un navire à voile  « In mare viaie tuae »  sur la mer est ta voie.


   


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Marie-Hélène Morot-Sir137 articles

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Auteur de livres historiques : 1608-2008 Quatre cents hivers, autant d’étés ; Le lys, la rose et la feuille d’érable ; Au cœur de la Nouvelle France - tome I - De Champlain à la grand paix de Montréal ; Au cœur de la Nouvelle France - tome II - Des bords du Saint Laurent au golfe du Mexique ; Au cœur de la Nouvelle France - tome III - Les Amérindiens, ce peuple libre autrefois, qu'est-il devenu? ; Le Canada de A à Z au temps de la Nouvelle France ; De lettres en lettres, année 1912 ; De lettres en lettres, année 1925 ; Un vent étranger souffla sur le Nistakinan août 2018. "Les Femmes à l'ombre del'Histoire" janvier 2020   lien vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=evnVbdtlyYA

 

 

 





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4 commentaires

  • Marie-Hélène Morot-Sir Répondre

    22 mai 2020

    Monsieur Labelle, merci beaucoup de votre intérêt et de votre commentaire. En effet c’est cette exclusion des protestants qui a empêché autant de Français de venir aider à bâtir la Nouvelle France, qui aurait eu tellement besoin de davantage de peuplement, et cela encore plus après cette révocation de l’Edit de Nantes, le 18 octobre 1685, par Louis XIV. Cela presque deux cents ans après son grand-père Henri IV qui avait octroyé une certaine liberté de culte aux protestants, mettant fin aux terribles guerres de religion. Après cette révocation, tant de huguenots français ont dû quitter la France pour se réfugier dans les Provinces Unies, en Allemagne, en Suisse ou en Angleterre, mais également, ironie de l’Histoire… dans les colonies de Nouvelle Angleterre ! Cela a mis à mal l’Etat neutre, l’Etat arbitre, afin de réunir l’Etat et l’Eglise.


    Bien cordialement à vous,


    Marie-Hélène Morot-Sir


     


     


     


  • Marie-Hélène Morot-Sir Répondre

    21 mai 2020

    Monsieur Pomerleau, merci infiniment de votre si encourageant commentaire.


    Je vais vous envoyer un texte écrit pour un de mes précédents ouvrages « Le Canada Français de A à Z » il décrit votre extraordinaire ancêtre Zacharie Cloutier.


    Depuis dix ans maintenant, même en étant si loin, de l’autre côté de l’Atlantique,  je partage, le même enthousiasme que vous tous sur Vigile, vous êtes quelqu’un dont les écrits ou les commentaires comptent énormément.


    Nous avons avec tristesse à regretter tant de personnes de valeurs qui n’apparaissent plus sur Vigile, soit parce que trop affaiblies par la maladie soit qui nous ont définitivement quittées.


    Nous ne les oublions pas permettez-moi de citer Marie Mance Vallée, René Marcel Sauvé, André Vincent, Ouhgo, Nicole Hébert… mais il y en aurait tant d’autres à citer, qui tous ont donné l’élan à Vigile avec Bernard Frappier, puis tout récemment, et cela nous a extrêmement peinés, Richard Le Hir.


    Ils nous manquent tous.


    Cet élan et cet enthousiasme ont été valeureusement repris en mains par une nouvelle génération qui fait notre admiration. Merci à vous, Monsieur Pomerleau et merci à eux d’être là,


    Bien cordialement,


    Marie-Hélène MOROT-SIR


  • Marc Labelle Répondre

    21 mai 2020

    Merci, Madame Morot-Sir, pour ce riche éclairage de notre histoire commune.  Je retiens, entre autres, la raison de l’exclusion des protestants du développement de la fragile colonie renaissante après les menées des pirates Kirk.  C’est une leçon de l’histoire à réapprendre : exclure les éléments dont l’idéologie est incompatible avec nos intérêts et nos valeurs.

     


  • Jean-Claude Pomerleau Répondre

    19 mai 2020

    Madame,


    Toujours un immense plaisir de vous lire. D'avoir cette éclairage sur notre passé suffisamment remarquable pour qu' Il y ait « une gloire qui reste » (Lionel Groulx).


    D'autant plus que j'apprends que Zacharie Cloutier, mon ancètre du coté maternelle, a été le bâtisseur de la première Seigneurie en Nouvelle France (la devise des Cloutier : « Clouer pour ériger » )


    J'aimerais ajouter ...


    Pierre Boucher , sur la menace iroquoise  :


    « Iroquois  viennent en renards, attaquent en lion et fuient en oiseaux ».

     

    Menace qui pesait sur le destin de la nation naissante :

     

    « Malgré l'incertitude des temps causés par l'ennemi, étant en doute si on doit vider le pays ou non. »

     

    Les lignes que Pierre Boucher consacre à l’audience royale dans ses « Mémoires » de 1695 sont très sobres :

     

    « J’eus l’honneur de parler au Roy, qui m’interrogea sur l’estat du Pays, dont je luy rendis un fidelle compte, et Sa Majesté me promit qu’elle secourrerait le pays et le prendrait sous sa protection ; ce qu’elle a fait »

     

    Jamais le sort de notre nation naissante ne s'est joué aussi clairement dans notre histoire que lors de cette audience.

     


     

    Merci mille fois pour vos contributions à la compréhension de notre histoire;  et encore plus pour nous avoir fait l'honneur de les publier sur Vigile.

     

    Salutations

     

    Jean Claude Pomerleau