Des prédateurs financiers autour du Cirque du Soleil

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Le Cirque bientôt vendu à des étrangers


En raison de ses graves difficultés financières, le Cirque du Soleil se retrouve au centre d’une guerre entre deux clans financiers.


La victoire ira au plus fort la pirouette financière !


D’un côté, on retrouve l’actuel propriétaire du Cirque du Soleil : le clan du fonds américain TPG avec ses partenaires le fonds chinois Fosun et la Caisse de dépôt et placement du Québec. Lequel clan bénéficie de l’appui financier du gouvernement Legault qui lui a offert une aide financière de 277 millions de dollars.


Et de l’autre côté, on retrouve le clan des créanciers dirigé par Catalyst Capital Group de Toronto, et dont les partenaires financiers sont Fidelity, CBAM, Blue Mountain, Providence Equity’s Benefit Street Partners et Shenkman Capital.


Une seule chose compte pour les deux clans : restructurer financièrement le Cirque au meilleur coût possible, et ce dans le but ultime de le revendre à bon prix. Et ainsi réaliser une belle « passe » financière.







L’ADN DU CIRQUE ?


Soyons réalistes. Les clans financiers n’en ont rien à foutre de l’ADN du Cirque du Soleil, c’est-à-dire de tout ce qui le distingue fondamentalement des autres cirques avec ses spectacles, ses créateurs, ses employés, sa clientèle.


Quand l’entreprise était sous le contrôle de Guy Laliberté (et précédemment avec ses partenaires fondateurs, Daniel Gauthier et Gilles Sainte-Croix), c’est l’âme du Cirque du Soleil qui rayonnait sur la planète.


Puis quand Guy Laliberté est passé à la caisse en vendant en 2015 pour 1,5 milliard $ US « son » entreprise au clan financier formé par le fonds américain TPG, le fond chinois Fosun et la Caisse de dépôt et placement du Québec, le Cirque du Soleil est devenu un simple « placement » à faire fructifier. Point à la ligne.


LE SURENDETTEMENT


Malheureusement pour le Cirque, le trio TPG-Fosun-Caisse a effectué son achat par effet de levier, dont le principe consiste à investir, eux-mêmes, le minimum d’argent comptant et... de faire emprunter par l’entreprise elle-même le solde du montant d’acquisition à payer.


C’est ainsi que le Cirque du Soleil s’est retrouvé en position de surendettement avec des dettes totalisant 1 milliard $ US.


Et à la suite de l’annulation de ses spectacles à cause de la pandémie du coronavirus, le Cirque a été incapable d’effectuer les paiements de sa lourde dette, de payer les factures de ses fournisseurs... Il s’en est suivi des mises à pied massives parmi ses employés.


TPG RATE SA PIROUETTE


Juste avant de mettre à la fin mars le Cirque en défaut de paiement, le trio TPG-Fosun-Caisse a effectué une manœuvre financière « douteuse » en transférant des actifs du Cirque pour les mettre en garantie contre un nouveau prêt de 50 millions de dollars américains que le trio a fait au Cirque.


Craignant vraisemblablement les représailles des créanciers de la dette de 1 milliard $ US du Cirque, le trio TPG-Fosun-Caisse a finalement décidé de rebrousser chemin et de re... transférer au Cirque lesdits actifs, tout en permettant aux créanciers d’allonger eux-mêmes les 50 millions de dollars américains.


LES CRÉANCIERS FONCENT


Le clan des créanciers dirigé par Catalyst Capital Group de Toronto semble être en solide position pour mettre la main sur le Cirque du Soleil puisqu’il convertirait ses créances en capital-actions, en plus d’y injecter 300 millions $ US d’argent frais.


Ironie du sort : contrairement au clan TPG-Fosun-Caisse de dépôt, le clan de Catalyst n’a pas besoin de téter 277 millions $ du gouvernement Legault pour acquérir le Cirque.


Le problème que cela soulève ?


Zéro garantie de voir le siège social du Cirque rester au Québec. Zéro emprise sur l’avenir du Cirque !