Visite de De Gaulle au Québec en 1967

De la frénésie à l’essoufflement

« La souveraineté du Québec est un état de fait qui ne demande désormais qu'un habillage juridique » Jacques Chirac

Tribune libre

 




Un blog du journaliste Frédéric Pennel du Huffpost du 24 juillet 2017 sous le titre « 3 raisons pour lesquelles l'indépendance du Québec n'est toujours pas une priorité » m’a fait voyager dans l’histoire du mouvement indépendantiste du Québec en remontant jusqu’au désormais cri du cœur de général De Gaulle « Vive le Québec libre » jusqu`a l’essoufflement qu’il connaît aujourd’hui.

Le 24 juillet 1967, c'est devant 500,000 Montréalais que Charles de Gaulle a poussé son cri "Vive le Québec! Vive le Québec libre". « Son objectif -provoquer un séisme pour appuyer les revendications des Franco-canadiens- a été pleinement atteint. Le Général voyait l'occasion, deux siècles après la défaite de 1763, de s'acquitter de la dette laissée par Louis XV. Il était en effet habité par le souvenir de l'abandon par le roi de France des 60.000 Français, victimes d'une opinion indifférente au sort de ces "quelques arpents de neige", moqués par Voltaire. De Gaulle savait le fruit mûr: il avait observé l'affront infligé par les Québécois à la Reine Élizabeth II en ignorant royalement sa visite en 1964. »

Mais que s’est-il donc passé depuis?

« Deux rendez-vous avec l'indépendance se sont présentés. Les Québécois les ont tous deux déclinés - la dernière fois, en 1995, in extremis, lors du référendum contesté. Le Président français, Jacques Chirac disposait d'une réponse toute prête: "la souveraineté du Québec est un état de fait qui ne demande désormais qu'un habillage juridique". Cette déclaration est restée dans un tiroir.

Le Québec, plutôt que rompre avec le Canada, s'est engagé dans la voie du compromis: politiquement fédéraliste, mais doté d'une culture spécifique. Une fois l'égalité des droits arrachée, la situation s'est apaisée. Les jeunes générations, qui n'ont jamais connu la frustration de leurs parents, n'ont pas été atteints par cette même rage de parler français. Le mouvement politique soutenant l'indépendance, le Parti québécois a vu son assise électorale se réduire. Et le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, un québécois francophone, n'est-il pas le symbole d'une fédération multiculturelle? »

Une identité culturelle fragilisée

« Selon le recensement de 2011, 78% des Québécois étaient francophones, 8% anglophones et 12% allophones. Si la position du français apparaît bien assurée, rien n'est pour autant figé. Tant que le Québec demeurera au sein de la fédération canadienne, l'identité franco-québécoise ne sera jamais définitivement acquise. En dépit de tout l'arsenal juridique pour la prémunir d'une assimilation anglo-saxonne, le français a plutôy tendance à refluer. L'immigration a pris le relais de la formidable natalité d'antan. Or, en dépit des efforts pour attirer une immigration provenant de pays francophones ou de culture latine, 26% de ceux arrivés en 2000 se sont finalement assimilés en anglais. En outre, les transferts linguistiques du français vers l'anglais demeurent significatifs. Sur l'île de Montréal, là où l'anglais demeure influent, un certain nombre de francophones sont poussés à changer de langue maternelle au cours de leur vie pour adopter l'anglais, même à la maison. Deux universités prestigieuses de Montréal participent à ce phénomène d'assimilation en anglais: Mac Gill et Concordia, toutes deux anglophones. En sortant de leurs études, les étudiants, peu importe leur origine, travaillent bien souvent en langue anglaise. Car le monde du travail bascule progressivement dans cette langue, attractive et parlée par le premier partenaire économique, les Etats-Unis. Un signe qui ne trompe pas: les immigrés parlant uniquement français sont plus souvent au chômage que ceux parlant uniquement anglais (23 contre 16%). »

Conclusion

« L'idée indépendantiste s'est aujourd'hui déplacée au second plan au Québec. En attendant qu'elle revienne au goût du jour, les souverainistes patientent. Et scrutent les exemples européens de l'Ecosse ou de la Catalogne. Un jour, pensent-ils, la mécanique conduisant à la "liberté" se réenclenchera. »

« La souveraineté du Québec est un état de fait qui ne demande désormais qu'un habillage juridique » Jacques Chirac

Seul Frédéric Bastien peut contribuer à remettre l’indépendance au goût du jour et à lui procurer « un habillage juridique » qui permettra à la mécanique conduisant à la « liberté » de se réenclencher.

https://www.huffingtonpost.fr/frederic-pennel/3-raisons-pour-lesquelles-lindependance-du-quebec-nest-toujour_a_23045057/


Henri Marineau, Québec


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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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