Appels au retrait de symboles colonialistes de l’espace public

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Demain, ce seront les statues de la Nouvelle-France que l'extrême gauche voudra déboulonner


Les appels se multiplient au Canada pour qu’une statue de Montréal et une rue de Toronto en l’honneur de personnages historiques jugés racistes soient déboulonnées ou débaptisées. 


Des Canadiens joignent ainsi leur voix à un concert de protestations semblables observé dans plusieurs grandes villes dans le monde dans la foulée du mouvement antiraciste relancé aux États-Unis par la mort de l’Afro-Américain George Floyd aux mains de la police.


Des milliers de personnes ont signé une pétition en ligne réclamant le retrait d’une statue de bronze du premier premier ministre canadien John A. Macdonald, qui trône sur la Place du Canada à Montréal. Une autre demande vise à rebaptiser la rue Dundas – un homme politique opposé à l’abolition de l’esclavage – à Toronto.


«Le moment est également venu pour les Canadiens de revoir la signification de nos monuments publics, et leur effet sur l’héritage que nous voulons corriger», affirme l’une des pétitions.


La statue de Macdonald, installée au centre-ville de Montréal en 1895, a été vandalisée plusieurs fois ces dernières années.




FD-VANDALISME-STATUES

MAXIME DELAND/AGENCE QMI





Son gouvernement est accusé d’avoir cherché à assimiler les peuples autochtones en les enrôlant de force dans des pensionnats, où la pratique de leurs langues était interdite, une politique qualifiée de «génocide culturel» par une commission d’enquête en 2015.


Des siècles plus tard, plusieurs milliers d’Autochtones au Canada vivent encore dans une extrême pauvreté et subissent de la violence.


Montréal ne prévoit pas de retirer la statue, a indiqué mercredi Valérie Plante, mairesse de la ville, en souhaitant plutôt l’ouverture d’un «dialogue» public sur la question.


À Toronto, le maire John Tory a constitué un groupe de travail pour examiner un possible changement de nom de la rue Dundas en tenant compte «de questions historiques importantes et pertinentes».


Homme politique du XVIIIe siècle, Henry Dundas, s’opposait à la fin de l’esclavage et en avait retardé l’abolition dans l’Empire britannique.


Rebaptiser une artère majeure soulève des «défis pratiques», a toutefois souligné M. Tory.


Montréal a rebaptisé, il y a un an, l’une de ses rues pour lui donner un nom mohawk en hommage à l’héritage autochtone de la ville, au lieu de celui d’un général colonial britannique controversé.


En 2018, une statue de Macdonald avait été retirée du site de l’Assemblée législative provinciale de Victoria, en Colombie-Britannique.